Cet article est l’occasion, une nouvelle fois, de préciser l’outil et de le servir au mieux. La gageure étant d’être aussi précis que possible car les subtilités de la Méditation sont déterminantes pour progresser.

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Mais pour celles ou ceux qui n’auraient, malheureusement, pas de temps à consacrer à cette lecture, voici la réponse à la question posée : Autant de temps qu’il faut pour apprendre à s’assoir, fermer les yeux et utiliser les sensations corporelles ou la respiration pour commencer à stabiliser le mental.

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L’acquisition des rudiments de la Méditation peut se faire en une séance avec une variabilité fonction des aptitudes intrinsèques de chacun. La réelle valeur de la Méditation réside dans l’entrainement à le faire plus que dans son apprentissage.

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  1. Pour être précis,
  2. la Méditation laïque,
  3. la durée d’apprentissage,
  4. un entraînement mental,
  5. le processus,
  6. pour finir.

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.1. De quoi parlons-nous ?


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La Méditation passive moderne est issue principalement de deux traditions religieuses :

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  • Le Bouddhisme : La Méditation Vipassana en est la base. Aussi bien pour celle qui porte son nom que pour la Méditation Zen.
  • L’Hindouisme : La plus connue est la Méditation Transcendantale qui en est directement issue et en reprend la hiérarchie et les codes pour simplifier. Les hommes saints de l’hindouisme, que sont les Sadhus et les prêtres Brahmanes, pratiquent quotidiennement.

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L’une ou l’autre ont en commun l’aspect vivant de la pratique. Mais aussi une certaine culture du secret qui limite l’accès de la « connaissance ultime » aux plus hauts représentants.

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La forme de Méditation dont il est principalement question à l’heure actuelle en Occident est celle appelée de pleine conscience. Son créateur, John Kabat Zinn, a épuré la Méditation Vipassana de son caractère dogmatique pour ne garder que les techniques. C’est de cette manière opportune qu’elle a trouvé les applications thérapeutiques que nous lui connaissons et qu’elle s’est ainsi vulgarisée.

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Mais cette tendance n’est pas nouvelle. Elle a débuté avec les grands Maîtres de sagesse du 20éme siècle qui ont oeuvré à démocratiser une tradition laïque de la Méditation : Ramana Maharshi, Jiddu Krishnamurti, Osho, Poonjaji…, tous issus de la tradition Hindouiste mais ayant transcendé toute forme d’idéologie. Le fond de ce qu’ils partageaient était le même, seule la forme différait. Cette approche est toujours vivante du fait de sa transmission directe.

 

2. La Méditation laïque


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Il s’agit dans ce blog de Méditation laïque dans sa forme la plus pure. Elle est issue du dernier courant évoqué ci-dessus.

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Cet instrument d’investigation pragmatique, scientifique, consiste à voir par soi-même ce qui se dévoile au fil de la pratique. À aucun moment il ne sera question de philosophie, d’idéologie ou de cultiver quelque chose que nous ne serions pas déjà. C’est justement tout l’inverse.

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Le changement complet de paradigme réside dans la réalisation qu’il n’y a rien à devenir, tout est déjà là, La Méditation permet de lever le voile.

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C’est ce qui fait de la Méditation un instrument de recherche. Tout d’abord de ce qui peut être apaisé durablement puis, par voie de conséquence, du message précis.

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3. Alors combien de temps faut-il à un débutant pour apprendre à méditer ?


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Apprendre les rudiments de la Méditation est tellement simple, qu’initié par une personne expérimentée, entre une et quatre séances de pratique sont suffisantes. Cela ne veut pas dire pour autant que tout sera parfaitement en place.

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Prenons par exemple le premier obstacle qui se pose à toute personne démarrant la Méditation : le corps au travers de la posture. La Méditation pose la question de la relation que le mental entretient avec celui-ci.

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En effet, la tendance naturelle étant de l’utiliser sans réellement l’habiter. Une des premières pièces de ce puzzle appelé Méditation consiste à rétablir une relation équilibrée entre le corps et l’esprit.

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Là encore, les réalités sont tellement diverses que j’ai pu constater, au travers des ateliers que j’anime, une variabilité extrême de temps pour répondre à cette première question de fond. Mais peu importe parce que cette étape incontournable marque simplement le début du travail.

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Le rôle de l’instructeur, s’il y a lieu, au-delà de pointer le message précis, est de veiller à garder la motivation intacte malgré le fait qu’elle soit régulièrement éprouvée.

 
Durée pour apprendre la Méditation
 

4. La Méditation : un entraînement mental


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La Méditation est si simple qu’il y est souvent ajouter des éléments pour remplir ce qui pourrait, au premier regard, paraître vide. Pour finir, malheureusement, à en dénaturer le message. Mais la complexité de la Méditation réside dans sa simplicité : s’exercer à ne rien faire et à observer.

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Il n’est donc pas vraiment question d’apprentissage mais plutôt d’entraînement. La force de la Méditation réside dans la répétition des mêmes techniques afin, au fil du temps, de donner de la clarté à ce qui paraissait brumeux. Exactement de la même façon qu’en laissant reposer de l’eau trouble elle va retrouver sa transparence.

La Méditation est donc un procédé dans lequel il s’agit plus d’enlever que d’ajouter. S’alléger des croyances liées à son éducation, son milieu, sa culture, son histoire… Se débarrasser d’une quelconque identité pour voir par soi-même ce qu’il reste et être en mesure d’en apprécier la véritable valeur.

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5. Le temps de ce processus ?


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Pour finir d’aborder cette dimension du temps d’apprentissage, la question de la durée de cette mécanique peut se poser. Il est impossible d’y apporter une réponse précise et, en définitif cela a peu de valeur parce que la mise en place de chaque élément qui le compose apporte sont lot de bénéfices :

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  • ne plus se subir,
  • moins de ruminations,
  • se libérer de ce qui entrave,
  • moins dépendre des circonstances,
  • l’apaisement que procure ce véritable travail sur soi,
  • une confiance en la vie elle-même,
  • de la clairvoyance,
  • l’habileté à répondre,
  • de la distance avec les émotions,
  • la compréhension des mécanismes de la vie,
  • ne plus rien chercher à devenir…

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Il est par contre aisé de constater, du fait du développement cognitif, qu’il n’est plus requis de rentrer dans les ordres ou de passer sa vie à méditer dans une grotte pour accomplir ce travail. En se démocratisant, l’accessibilité à ce savoir empirique s’est facilitée. Ce qui est aujourd’hui réellement déterminant en rapport avec le temps est la sincérité et l’authenticité de la démarche.


6. Pour finir


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Dans nos sociétés empreintes de rapidité, apprendre à ralentir et se poser est devenu indispensable. C’est la seule manière pérenne de ne pas être, à un moment ou un autre, emporté par le tourbillon. Les fondations stables qu’apporte la pratique de la Méditation permettent d’aborder la vie d’un nouveau point de vue. Les bénéfices de ce changement de paradigme sont tels que l’effort à fournir paraît, à posteriori, bien dérisoire.

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Gaël Brajeul